Pas son genre de Philippe Vilain

Pas son genre de Philippe Vilain – Source J’ai Lu

François est professeur de philosophie parisien, muté à Arras. Il vit à l’hôtel et rencontre une jeune femme, coiffeuse, Jenifer. Cette dernière semble absente, devant son miroir. Elle ne le regarde jamais. Il n’arrête pas de penser à elle, il décide de la retrouver à la fin de son travail et de fil en aiguille de vivre une aventure avec elle.

L’auteur possède une plume sans complaisance pour nous décrire les états d’âme de son héros François. Il n’en fait pas un personnage que l’on peut aimer, je pense surtout aux femmes. Ce type de personne existe réellement, il me semble. François, professeur de philosophie évolue dans une sphère essentiellement parisienne, bourgeoise. Il a toujours voulu en sortir mais il n’a jamais su comment faire. Jenifer lui en offre la possibilité car elle n’appartient pas à son milieu, à son rang, si l’on peut dire. La relation entretenue a permis à François de grandir.

François est un homme très indécis, mais pas professionnellement. Il cherche une femme mais aucune ne semble être celle qu’il lui faut car il a peur de passer à côté d’une autre. Il ne veut pas renoncer à ses rêves, à son indépendance. Lorsqu’il n’a plus prise sur les situations, il a une situation de manque par rapport à ses relations amoureuses. Bien que Jenifer ne soit pas son genre, il décide de la séduire. Il est charmé pas sa timidité mais lui trouve un trop grand nombre de défauts. Philippe Vilain a une sacrée plume pour décrire les travers des uns et des autres. Un peu masochiste tout de même envers Jenifer même si François n’est pas logé à une très bonne enseigne qui est dépeint comme un homme qui se cherche constamment des excuses, qui est envieux des autres hommes qui trouvent la femme de leur vie. Il les idéalise beaucoup et vraiment trop, donc il semble qu’il ne trouvera jamais celle qu’il lui faut. François éprouve-t-il des sentiments pour les femmes ? Non, jamais. Elles passent dans sa vie, qu’elles soient de son milieu ou pas.

Philippe Vilain, dans ses mots, oscille entre des phrases positives et négatives pour décrire ce personnage désinvolte, indécis, rebelle, rêveur mais avec du caractère qui ne se remet pas en cause. François préfère accomplir des choses que de passer à côté car s’il doit le regretter, il ne regrettera pas de ne pas l’avoir fait. Mais souvent les phrases sont trop longues et cet homme nous ennuie profondément.

Nous constatons également le clivage entre Parisien et le reste de la France, soit le Provincial, là, sous les traits d’une femme, coiffeuse, mère célibataire, divorcée, sans culture, qui vit dans un appartement, si l’on peut dire sordide.

Le Parisien a beaucoup à apprendre de ces Provinciaux qu’il regarde avec dédain, qu’il juge inférieurs à lui. François s’en rendra compte en définitive en nous racontant cette histoire, dont il se souvient surtout la fin et ce qu’elle lui apporte au niveau humain, pour son caractère qui doit s’affirmer et pour les décisions qu’il doit prendre concernant sa vie privée.

Jenifer n’est absolument pas une gourde, comme on pourrait le croire. Elle a eu une vie sentimentale qui ne lui a rien apporté, certes, mais elle garde toutes ses blessures pour elle. Elle cherche le grand amour mais se rend très vite compte que ce professeur ne lui apporte rien. Pourtant, elle tente de lui démontrer qu’ils peuvent envisager une vie ensemble, par quelques mots, quelques phrases. La non implication de François, autre que sexuellement et encore, son détachement compulsif, vont lui faire prendre une grande décision. J’aurais aimé en savoir plus sur elle, ce qui lui arrive en définitive. Jennifer est fine, cette liaison a pu lui apporter essentiellement au point de vue intellectuel même si les échanges sont, semble-t-il, à sens unique. Un évènement lui fera encore plus prendre conscience de la disparité des milieux et que François ne s’implique absolument pas. Jenifer ne veut pas se laisser faire par qui que ce soit. Il lui a démontré qu’elle pouvait prétendre à autre chose dans la vie, sans renier son fils à qui elle tient plus que tout au monde.

Lorsque l’amour n’est pas réciproque, celui-ci est voué à l’échec, même si l’on sait que dans une relation, l’un s’implique plus que l’autre, l’un aime plus que l’autre ou pas au même moment. Il y a toujours quelqu’un qui en pâtit, qui, à terme, en souffre.

Ce roman est très court et suffisant pour décrire l’histoire de François et ses états d’âme. Je n’en garderai toutefois pas un souvenir impérissable.

Merci à J’ai Lu.

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