Entre deux silences de Maria Paola COLOMBO

Entre deux silences de Maria Paola COLOMBO

 

Nord de l’Italie, Cica est en colonie de vacances chez les soeurs. Elle a deux cicatrices dans le dos. A peur du noir et de l’eau, donc elle tente par tous les moyens de ne pas se laver. Elle fait preuve de violence envers ceux qui martyrisent les animaux. Mais elle est aussi déterminée. Son père profite de son absence pour déménager

Sud de l’Italie, Walker a 9 ans. Il est atteint de trisomie et passe ses vacances avec toute sa famille. Pour pouvoir entendre, il a besoin d’être appareillé.

Dix ans après, on retrouve les mêmes  protagonistes dans le sud de l’Italie.

Entre deux silences est l’histoire de ces deux enfants, Cica et Walker.

L’auteur nous raconte des tranches de vie. Pourquoi ces deux enfants qui ne se rencontreront qu’à la fin lors d’un évènement dramatique ? Qu’ont-ils en commun ? Telle est la question ?

L’une a failli mourir avec sa mère. Elle en conserve les cicatrices dans le dos. Elle a peur de l’eau. Elle est très intelligente et n’a aucun lien, surtout affectif, avec son père qui s’est éloigné d’elle car Cica lui rappelle sa femme. Elle adore son loup qui vieillit et grandit avec elle. Elle a peu d’amis car elle est différente et surtout elle a un caractère bien trempé. Elle est tout de même jalousée. Mais Cica est tout de même, très jeune, indépendante. Toutefois, une voisine va compter dans sa vie, le temps qu’elle restera dans le nord.

Walker est entouré d’une famille aimante. Certes, il est atteint de trisomie 21. C’est l’aîné de la famille et il conserve sa position, même s’il ne comprend pas, même s’il n’a pas trop d’instruction. Il a un rôle de protecteur. Mais il arrive tout de même à se débrouiller et prend des initiatives, non couronnées de succès. Il a un personnage fétiche, Walker Texas Ranger, auquel il s’identifie.

Entre deux silences nous laisse un beau sentiment d’espoir. Rien n’est jamais acquis mais tout est à imaginer, à vivre. Surtout lorsque Cica apprend enfin la vérité sur sa mère.

Entre une première partie qui nous permet de faire connaissance avec eux et l’autre partie où ils sont pratiquement adultes, dix ans passent et les changements ont été effectifs puisqu’on assiste également aux premiers émois amoureux.

Le personnage que j’ai le plus aimé est celui du grand-père de Walker. Il adore son petit fils. Il tente de lui rendre la vie la plus agréable possible. Il est constamment avec lui et a énormément de patience par rapport aux femmes de la famille. Femmes, la sienne et sa fille, qui sont toujours après lui mais il faut comme s’il ne les entendait pas. Leur lien est si fort que Walker passera ses journées à l’hôpital jusqu’à la fin. Dans une seconde mesure, le second personnage que j’ai bien aimé est Angelo, le frère de Walker. L’enfant du milieu, le second, car la famille compte également une petite fille. Angelo ne se sent pas aimé. Il fait des bêtises pour se faire remarquer. Il hait, si l’on peut dire, son frère qui monopolise toute l’attention. En grandissant, Angelo le prendra toutefois sous son aile, même si son frère est très secret.

Une jolie histoire qui se laisse lire, vivre. Au fil des pages, le lecteur n’est pas démuni. Ah oui, il y a de la tristesse dans ces familles. Ah oui, ils font en sorte de ne pas la montrer. Il existe une belle joie de vivre qui devient assez communicative, malgré les difficultés, la maladie, la mort. Les mots dans la bouche de Cica forment comme une poésie. Les deux enfants, puis adolescents, sont attachants.

Je m’attendais toutefois à une autre fin. Que Cica et Walker, outre cette rencontre, puissent faire un bout de chemin ensemble et partagent autre chose que cet accident. Car ils pourraient apprendre tellement l’un de l’autre, deux âmes écorchées vives, deux caractères bien trempés.

L’Italie est bien présente dans la description des paysages qui changent d’une région à l’autre. Elle est également bien présente dans cette colonie de vacances tenue par une soeur et retrouver laver la bouche avec le savon pour retirer tout blasphème. On ne mélange pas les enfants.

Merci aux Presses de la Cité 

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