Dawa de Julien Suaudeau

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Un enfant qui voit ses parents mourir sous ses yeux. Adulte, il poursuit son envie de se venger.

Un professeur qui tente de vouloir faire sauter des bombes dans Paris. Il veut se venger également. 

La cité des 3000 et toutes ces familles pour lesquelles il est difficile de s’en sortir.

Et le Qatar dans tout ça ?

Je commence par quoi, le négatif ou le positif ? Allez, je me lance dans le premier car j’aime terminer sur le positif et l’espoir.

Ce roman me laisse toutefois un goût amer qui a entravé mon plaisir de lecture. Je ne connais pas l’orientation politique de l’auteur. On peut ne pas aimer le gouvernement en place, les personnes qui le composent, mais critiquer le Ministre de l’Intérieur à ce point et le Ministre de la Justice, je ne suis pas d’accord. Je ne me fais pas d’illusion pour le premier, ses opinions sont clairement établies depuis qu’il s’est présenté à l’élection présidentielle, mais il ne fait pas pire ni mieux que ses prédécesseurs. Quant aux relations de la France avec le grand Imam de France, elles n’ont, je pense, jamais varié, quel que soit le gouvernement. Droite ou gauche font en sorte de ne pas le heurter pour que les communautés tentent de vivre ensemble dans ce pays. Et le Qatar. Le Qatar ! Est-ce seulement ce gouvernement actuel qui fait en sorte que la France bascule dans ses mains. Il ne me semble pas. Cela a commencé bien avant et sous l’ère NS. Je ne vais pas être mauvaise langue car il y en a aussi pour la droite et ses guéguerres et cette députée qui tente de s’en sortir hors de ce parti et faisant de la politique en dilettante.

Le principe et la vie des jeunes, des maghrébins dans ces cités près de Paris ne sont pas nouvelles. Leurs révoltes non plus, les envois de cars de CRS non plus. Mais tous ces jeunes veulent-ils réellement faire peur à la France, aux Parisiens ? Y a-t-il dans toutes ces cités des gens, des jeunes, qui sont endoctrinés pour faire sauter des bombes ?

Je juge donc son auteur sur son ensemble. Sur son style d’écriture, très bon, sur l’histoire véhiculée, j’ai franchement adhéré, sur les personnages avec leurs fêlures, leurs forces…, là, il n’y a  pas photo et sur ce qu’il tente d’apporter au lecteur. S’il n’y avait pas eu le point précédent, j’aurais pu attribuer une excellente note à ce roman. Je ne veux pas dire que les auteurs ne font pas passer de messages politiques. Mais il faut que cela soit subtil, pas autant rentre dedans, surtout quand le lecteur s’intéresse un tant soit peu à l’actualité.

Trop de politique tue un roman très dense, bien écrit, même s’il y a quelques longueurs.

J’ai espéré que le projet ne soit pas mis à exécution.

Je n’aime pas quand un enfant souffre parce qu’il a vu l’indicible. Je pense qu’il ne s’en remet jamais et c’est ce qui arrive dans ce roman. Cet enfant est devenu un homme plus que mûr, proche de la retraite. Il occupe un très haut poste et il utilise ce poste pour se venger de l’homme qui l’a fait autant souffrir. I

Pour un premier roman, même si l’auteur est vraiment très en colère, il y a énormément de potentiel pour une nouvelle histoire, pour d’autres personnages aussi forts. Car j’ai un attachement particulier tous ces personnages, ces portraits d’hommes et de femmes cassés, avec leurs nombreuses forces et surtout leurs nombreuses faiblesses, qui sont obligés de prendre des décisions, selon leur passé, leur vécu du moment, leur travail. Pour cela, l’auteur est réellement très fort. Il nous détaille bien tous les conflits humains entre les diverses personnalités politiques, de la police, de l’armée, ce qui se trame en sous main, qui on veut faire tomber car il ne correspond pas à l’idéal du moment qui est bien fourbe. Bref, ce sont des êtres humains.

Nous avons donc deux histoires de vengeance. Nous avons également des histoires de famille et elles sont nombreuses, des familles musulmanes, une famille assez riche avec une fille qui tente de ne pas se conformer à l’éducation donnée, des histoires d’amour qui n’ont pas survécu. Un fils tente de reproduire l’histoire paternelle. Il se sent conditionné, tout comme l’a été son frère.

Le lecteur n’est jamais laissé à l’abandon. Toujours un rebondissement pour continuer à lire, toujours des révélations. De toutes façons, malgré mes critiques précédentes, je n’aurais pas laissé, je serais allée au bout pour connaître la fin de l’histoire. Il y a malgré la violence, la volonté de libérer l’Islam dans un pays jugé oppressif, une opposition, beaucoup d’amour.

L’analyse politique des coups bas, des tractations en sous-main est poussée à son paroxysme avec une très bonne plume.

Ne vous laissez pas rebuter par ces critiques, qui n’engagent que moi, mon ressenti. Dawa trouve tout de même un écho avec ce qui se passe actuellement en politique. J’aimerais bien, en tous les cas, échanger avec d’autres points de vue ou pas sur ce roman.

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