Philomena de Martin Sixsmith

Philomena de Martin Sixsmith

Philomena se retrouve au couvent, enceinte. Elle devra abandonner son enfant lorsqu’il aura trois ans et qu’il se sera fait adopté. Malgré les durs travaux, elle passera du temps avec lui jusqu’à son départ, qu’elle tente par tous les moyens de ne pas rendre inéluctable.

Pendant cette période, Anthony grandit avec beaucoup d’amour et prend sous sa protection, Mary.

Mais le destin est en marche. L’adoption effective et le départ vers les Etats-Unis programmé.

Une mère, Philomena, un fils, Anthony, la quête de toute une vie pour se retrouver.

J’ai rempli pas mal de lignes concernant ce roman. Mais je me suis rendue compte qu’il y en avait trop. Je ne vais pas vous raconter l’histoire, ce qui se passe, en donnant des indices, afin que vous puissiez le lire ou encore voir le film. Quant à ce dernier, je ne sais pas si j’irai le voir. Je ne suis pas une adepte de films tirés de romans. Un seul a trouvé grâce à mes yeux, c’est Ne le dis à personne de Guillaume Canet, roman d’Harlan Coben.

Le livre, tiré d’une histoire vraie, m’a souvent tiré les larmes des yeux.

Les mères Irlandaises renonçaient à tous leurs droits lorsqu’elles étaient forcées de faire adopter leur enfant. Elles ne pouvaient en aucun cas faire de recherches pour savoir ce qu’il était devenu, qui il était (car souvent avec l’adoption, ils changeaient de nom). Et l’inverse était vrai également. Un enfant ne pouvait pas revoir la femme qui l’avait mise au monde et avec laquelle il avait vécu au maximum 3 ans. Combien d’enfants Irlandais ont été dans le même cas qu’Anthony Michael. Retrouver leur mère pour tenter d’avoir des réponses car ils pensaient qu’ils avaient été abandonnés parce qu’ils étaient méchants. Comment un enfant peut-il se construire de cette façon ? Les chiffres sont hallucinants.

Avec ce livre, ma position sur l’église catholique ne change absolument pas. Même si certains vivent dans le complet dénuement, l’Eglise veut avant tout se faire de l’argent, au mépris de l’humain. Mes lectures précédentes l’ont démontré et mon expérience personnelle également, comme aller assister à un mariage et que le prêtre demande à ce qu’on n’oublie pas son enveloppe pendant qu’il unit un homme et une femme. Je ne remercierai jamais ma mère et le destin qui a fait qu’elle n’a pas voulu que nous fassions notre première communion après qu’elle ait appris que ce serait à elle de nous faire le catéchisme. Bien que je sois baptisée, là on ne m’a pas demandé mon avis, je suis athée. Si je dois me marier, cela ne sera pas à l’église. Quant à Mademoiselle, nous n’avons pas voulu la baptiser pour toutes ces raisons et pour qu’elle choisisse elle-même selon sa conscience. Dans certains pays, selon les années, l’église catholique avait plus de pouvoir que le gouvernement en place ou que celui qui allait être élu.

L’Eglise et l’homosexualité, les Etats-Unis conservateurs et l’homosexualité, des pans entiers du roman y sont consacrés. Normal, vu le parcours d’Anthony. Il y a également l’émergence du sida et toute cette communauté d’homosexuels considérée comme des parias dans ce pays qui a voulu cacher une maladie considérée comme honteuse. Les Etats-Unis sont un grand pays, à la pointe au niveau de la médecine, mais ils n’ont pas été les premiers à proposer un traitement.

Nous entrons également au sein du pouvoir, un peu trop aussi à mon goût. Le découpage électoral est amplement détaillé. Bien sûr, c’est la partie d’Anthony mais bon, trop c’est trop avec ces subtilités, ces magouilles politiques.

Ce livre est plutôt la quête d’un enfant de trois ans devenu adulte. Un enfant qui se pose sans cesse des questions, qui oscille entre son passé, dont il a des souvenirs et ce qu’il devient, en s’abreuvant de tout pour tenter de ne pas y penser. C’est un enfant qui se pose sans cesse des questions sur lui, sur sa famille, sur son avenir (il hésite entre l’Eglise et le Droit, il hésite entre deux mouvements politiques, il hésite pour accepter sa vie sexuelle). Est-ce que ce qu’il pense comme un abandon a conditionné sa vie future ?

Comme j’ai pu le lire sur le blog d’Alice, et elle a entièrement raison, le lecteur peut s’attendre, vu le titre, à ce que le personnage principal soit Philomena et son histoire tournée vers sa quête pour retrouver son fils. Ce n’est pas le cas, c’est la vie d’Anthony-Michael, qui nous est détaillée avec force détail. Cela n’enlève rien au livre que j’ai trouvé très bien écrit suite aux recherches de l’auteur, aux différents témoignages qu’il a pu recevoir de part et d’autre.

Pour moi, Anthony-Michael restera toujours Anthony, ce petit garçon en proie à ses démons, à cette sensation d’abandon et de ne pas être aimé, qui n’arrivera pas à exaucer son voeu le plus cher. Je regrette que Philomena ne soit pas autant présente, comme le laisse présager le titre du roman.

La préface est de Judith Dench, Philomena dans le film de Stephen Frears.

Je remercie Les Presses de la Cité pour l’envoi du roman.

Publicités

2 thoughts on “Philomena de Martin Sixsmith

  1. Moi aussi je n’aime pas trop les adaptations de livres, souvent déçue.
    Tu m’as donné envie de le lire en tout cas.

Un petit avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s