Cinq d’Ursula Poznanski

Nora abat un homme. Une femme est trouvée morte dans un pré, les pieds tatoués.

Beatrice est un policier, harcelée la nuit par son ex-mari.

Le meurtrier joue avec la police avec des objets cachés correspondant à des coordonnées. Les indices sont des morceaux de cadavres et un papier avec une nouvelle énigme.

Des disparus, des SMS, tout est fait pour que le travail de la police ne soit pas facile.

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu un polar aussi intense, aussi bien mené avec des personnages extrêmement attachants, même le tueur.

Un véritable jeu de piste avec comme élément essentiel, le geocaching.

5 comme le chiffre 5 jours entre la disparition et la découverte de Nora.

Qui est Bea, celle qui enquête ? Une jeune femme qui a décidé de divorcer. On s’attend à savoir les raisons de ce divorce dans le roman. Mais rien. Elle a vécu un élément extrêmement traumatisant qui lui a donné sa vocation d’enquêtrice. Un évènement que le tueur lui rappellera. Et les doutes l’assaillent. Comment peut-il savoir ? Alors que même ses collègues ne sont au courant de rien. Et toujours, en filigrane, cet élément qui arrive à faire surface, on y met le doigt dessus mais il s’envole très vite. Ce qui donne toujours du piment à l’enquête car elle serait vite résolue. Bea est donc une jeune femme, ayant de mauvais rapports avec son ex-mari et qui a deux enfants en bas-âge, qu’elle est obligée de confier à sa mère pour les besoins de l’enquête car elle est absente et peu disponible. En plus, Bea n’aime pas trop la hiérarchie. Et s’il faut un élément qui s’oppose à cette hiérarchie, c’est bien elle car elle prend des décisions sans en informer ses chefs. Mais Bea, comme nombre des policiers, a des intuitions qui lui permettent de résoudre les enquêtes. Bea a quelques soucis relationnels, cela ne m’étonne guère. Elle ne fait pas confiance à grand monde et préfère travailler en solo. Elle en oublie même le nom de ses collègues. Qu’elle serait amoureuse de Florin, son collègue, des indices le démontrent.

La culpabilité est un des thèmes du roman. La culpabilité de Bea par rapport à cet évènement ancien, par rapport  à ses enfants. La culpabilité du tueur qui n’a pas réussi à sauver ceux à qui il tenait le plus. Mais pour ce dernier, il y a ensuite une histoire de vengeance car il se substitue à la police.

Le geocaching est plus qu’une toile de fond. Car des indices permettent aux enquêteurs d’avancer malgré tout, même s’ils rencontrent des morts sur leur chemin. Car il y en a des morts et ce n’est vraiment pas beau à voir. Le principe du geocaching est de disséminer des caches (souvent improbables) pour que les autres les trouvent, en laissant des petits mots codés et des petits cadeaux. Ca a l’air sympa comme activité. Mais il faut de la patience, un véritable travail de fourmi, comme celui de policier. Je ne connaissais pas ce type d’activité. Il vaut mieux quand même être bien outillé pour éviter de se perdre. Cela permet de découvrir très certainement des lieux magnifiques, des lieux que l’on ne connait pas forcément, de ne faire qu’un avec la nature en ayant comme objectif, le trésor caché.

Donc, des morts, il y en a. Et le but de la police est de trouver le lien entre eux. Vraiment pas facile car chacun a une histoire propre. Pourtant, certains auraient pu avoir la vie sauve, s’ils s’étaient confiés mais le tueur a été plus rapide. La police ne peut donc pas les protéger et arrêter ce massacre. On se demande comment ça va s’arrêter. Et la fin nous entraîne là où il faut. Personnellement, je n’avais pas du tout imaginé une telle fin, surtout que des révélations importantes sont faites et démontrent que les gens réagissent différemment selon la même situation. Le tueur a su manipuler son monde, et ses victimes et la police.

Parmi les personnages, il y a Florin, le collègue de Bea. Un enquêteur tout ce qu’il y a de plus fiable. Un véritable tampon entre Bea et leur véritable chef qui a fait de Bea son bouc-émissaire et qui n’attend qu’une chose c’est de la virer.

C’est le premier roman de l’auteur pour les adultes. Avant, elle écrivait pour les adolescentes. Pour un essai, c’est réellement un coup de maître. Le lecteur est happé par l’histoire. Je ne la connaissais pas avant de lire ce roman. Mais pourquoi pas lire quelque chose précédemment écrit pour me rendre compte si on retrouve sa plume et sa maîtrise du sujet.

Je remercie Athomédia et les Presses de la Cité pour m’avoir fait découvrir l’auteur.

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