Gala, La muse redoutable de Dominique Bona

Quatrième de couverture :

Gala La muse redoutable Femme éprise d’aventure, compagne à l’énigmatique séduction, muse dont le destin doit tout à la passion… Gala reste un mystère. Pour ses amants au coeur d’enfants, pour ses maris, elle est mère et amante en elle, trois des plus grands artistes du XXe siècle – Paul Eluard, Max Ernst et Salvador Dalí – puiseront une sorte d’air vital, puissant, nécessaire. Solitaire et secrète, Gala a une enfance russe, une jeunesse rebelle, une vie étincelante et cosmopolite. On la dit femme fatale aux terribles appétits, tour à tour brûlante et glacée. Dominique Bona présente l’aventure du surréalisme sous un jour nouveau lorsque les poètes, les peintres les plus célèbres furent fascinés et inspirés par une femme qui, tout au long de sa vie, a protégé farouchement son univers intérieur.

Cela fait un petit moment que j’ai reçu cette biographie. Je m’excuse et surtout je remercie les Editions J’ai Lu pour l’envoi qui m’a été fait lors de l’exposition à Paris sur Dali. Une exposition que je n’ai pas pu voir, vu que j’habite tout de même à trois heures en train. Mais je me dis, qu’en ayant lu ce que j’ai lu, je l’aurais abordée différemment, comme j’aborderais différemment maintenant des expositions ou des tableaux de Dalli, de Max Ernst ou des poèmes de Paul Eluard.

Car qui est-ce que je chercherai ? Bien évidemment Gala. Pour Eluard, ce serait difficile si on ne le sait pas. Mais pour Dali, maintenant que je sais qu’elle figure pratiquement dans tous ses tableaux, cela donne plus de poids. Pourtant, je ne suis pas une professionnelle des expositions et les peintures, il faut bien le dire, ce n’est pas trop mon truc. Mais il suffit d’un livre, d’une biographie très bien écrite. J’allais écrire étonnamment. Mais pourquoi ? Non, ce n’est pas étonnant que l’auteur maîtrise à fond son sujet. Il s’est basé sur des écrits, des textes et autres des différents protagonistes. Mais Gala n’a rien laissé, à part quelques tableaux dans lesquels elle apparait. Elle est toujours restée secrète, une femme, une maîtresse, une forte femme qui ne sourit jamais, qui ne faiblit jamais, malgré ses nombreux soucis de santé. Sa présence est toujours hautaine, elle domine, altière. Car elle ne veut pas que les autres s’approchent d’elle. Mais Gala est tout de même fragile. Et l’auteur ressort très bien cette fragilité, surtout cette peur de manquer de tout, surtout de nourriture et de médicaments. En devenant cette muse de trois grands hommes, elle s’est choisie un destin, un destin pas comme les autres. Qu’a-t-elle voulu être ? Une mère, une maîtresse, ou celle qui les tenait sous sa coupe sans qu’ils le sachent. Le mystère reste quand même entier. 

Malgré ce tableau peint, on peut aimer ou ne pas aimer Gala. C’est une affaire de goût. On peut ne pas aimer le personnage. Et bien moi, je l’ai aimée. Je ne suis pas une grande amatrice des biographies. Mais celle-ci, même si j’ai mis énormément de temps à la lire, faute au fait que je lis moins, je me suis laissée porter par cette femme, que je compare un peu à Anna Karénine. J’aime les femmes russes. Elles sont forte, fragiles, femmes, elles vivent leur vie quelle que soit l’époque. Elles osent briser les tabous.

Le style de l’auteur est enlevé. Il n’y a rien de pompeux. Il retrace les éléments de la vie de Gala depuis sa Russie natale jusqu’à sa mort. Elle est présente mais très souvent à l’arrière-plan. Personnage principal du roman, elle s’efface, comme elle s’est toujours effacée, face à ces trois hommes. Mais Gala n’est jamais bien loin. Normal, la biographie lui est consacrée. L’auteur nous livre, tour à tour, ce qu’ont pensé les personnes qui ont rencontré Gala, et pas des moindres, des auteurs, des personnes de l’aristocratie, des peintres, des déclarations, des poèmes, des tableaux.

J’ai également beaucoup aimé car j’ai appris énormément également par rapport à des évènements historiques car Gala a vécu les deux guerres. Elle a vécu également la montée du communisme, l’existence d’éditions, de revues, de mouvements littéraires, Dada. Russe, elle a toujours gardé son écriture faite de fautes. Et pourtant Gala lit, Gala dévore. Elle est touchée par toutes ses lectures. Lui ont-elles donné des idées ? Des idées tout de même bien arrêtées. A chaque homme qu’elle aimé correspond également une période historique. Elle prend parti pour son homme, le suit dans ses idées. Ce n’est pas qu’elle ait des idées propres mais à chaque fois, ils sont en phase.

Gala sera également portée par l’amour, par l’amour physique, notamment. Et Dali ne la satisfait pas toujours, donc elle se trouve des amants. Comme elle ne veut pas vieillir, même passée un certain âge, elle sera toujours accompagnée par des hommes jeunes. Femme infidèle, peut-être. Elle cherche sa propre satisfaction, sa propre jouissance, quand on ne peut pas lui donner. Mais cela ne l’empêchera pas, en aucun cas, de tenir les rênes d’un ménage, de négocier des contrats…

On en apprend aussi sur Dali et ses nombreuse feuilles blanches signées de sa main qui lui ont valu d’être inquiété par la justice. Cette biographie est à mon avis complète. C’est vrai que je n’en ai lu aucune autre par rapport à eux quatre, donc je ne peux me faire un autre jugement. Mais franchement, même si le sujet ne vous intéresse pas, même si vous n’êtes pas friand de ce genre de livres, vous n’en sortirez pas déçu mais grandi car vous aurez parfait votre culture générale. Et c’est un moindre mal.

Alors, Gala, Muse redoutable. Oui, pour les autres car elle a été un rempart mais elle a laissé ses hommes vivre. Gala est pour moi une femme qui prend tout à bras le corps et qui s’occupe de son homme. Peut-être pas dans l’abnégation puisque ça la servait, mais elle a fait comme si.

Ce que l’on peut reprocher à Gala, c’est de ne pas avoir été une bonne mère pour sa fille Cécile. Elle n’a pas été du tout présente, sa fille était un fardeau et elle s’en est très vite détachée, la délaissant et même quand cette dernière a tenté divers rapprochements, en l’éloignant d’elle pour que Cécile ne s’occupe pas de sa mère. A-t-elle éprouvé de l’amour pour son enfant ? Je ne le pense pas. L’amour de sa vie, à ce moment-là, était Eluard, et rien que lui.

je ne pensais pas m’en sortir en écrivant cette chronique sans dévoiler toute la vie de Gala et de ces hommes. Mais voilà, devant mon écran, mes doigts filent tout seul sur le clavier.

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