En attendant que les beaux jours reviennent de Cécile Harel

Lors d’un repas, Marie rencontre un homme. Homme avec qui elle a décidé de se marier. Et pour cela, elle prendra les devants.

Au cours de leur vie familiale, le but de Marie est de se recueillir sur la tombe de sa mère, le soir de Noël. Elle souhaite que son mari et son frère l’accompagnent. Mais l’un et l’autre ne sont pas pour. Et cela nous entraîne dans le passé de Marie avec les membres de sa famille, de son statut de petite fille à celui de femme .

Quels sont ces beaux jours qui doivent revenir ? Je me pose toujours la question après la lecture de ce roman.

Car on plonge dans le passé de Marie, de son enfance, son adolescence, son départ pour Paris… Tout cela entrecoupé avec des scènes, très courtes, avec son mari.

C’est donc la vie d’une femme, jusqu’à 40 ans, l’âge qu’elle a, au moment du roman. Une femme dans un monde d’hommes, puisqu’elle a trois frères. Une femme, amoureuse de sa mère, au point qu’elle se substitue à elle. Elle veut devenir la mère de sa mère. Que sa mère devienne son enfant. Elle veut la garder pour elle, tout le temps, faire des choses avec elle pour avoir la complicité qu’une mère entretient avec sa fille. Sauf que sa mère est éperdument amoureuse de son mari. Même s’il l’a trompée. Elle lui a pardonné. Et Marie, lors de cet adultère, a pensé qu’elle aurait sa mère pour elle toute seule. Sauf que ses parents ont été là pour chacun de leurs quatre enfants. Mais Marie sort du lot. Elle a toujours voulu faire les choses par elle-même et ne rien leur demander. C’est la deuxième femme forte de la famille. Elle s’est occupée de ses frères, de ses parents, dès qu’elle a été en âge de le faire. Malgré la distance, elle a toujours été là pour eux, quitte à en prendre plein la figure, car ils ne reconnaissaient pas ce qu’elle faisait pour eux.

Le passé est lourd à porter. Tour à tour artiste dans l’âme, comme son père, Marie n’a fait que des petits boulots, du travail en free-lance car elle ne voulait dépendre de personne.

D’ailleurs pourquoi Marie se ferme-t-elle avec les hommes ? Elle refuse l’amour. De peur de s’attacher ? Pourtant trois hommes ont compté dans sa vie. Son père. Raphaël avec qui elle a vécu de nombreuses années et son mari actuel.

On s’interroge sur cette dernière relation. Marie a tout fait pour l’épouser. Un homme taciturne, qui avait choisi de s’exclure de toute vie sociale, qui porte la noirceur de l’âme en lui et pourtant un très grand artiste. Pendant les deux premières années de leur mariage, il a retrouvé l’amour, la joie de vivre et avec ça, la fin de son envie d’écrire. Mais Marie le pousse. Comme elle l’a toujours fait avec les autres. Est-ce que son mari est celui par qui les beaux jours reviennent ? J’en doute. Je sens que leur relation est vouée à l’échec. Car je le trouve faible. Il connait Marie très bien. Il sait qu’elle est colérique, qu’elle veut mener son monde à la baguette. Mais il fait comme il veut. Et malgré les discussions, c’est toujours lui qui gagne.

Chacun des membres de la famille tient une place importante dans ce roman. Leur vie est disséquée. Et chacun porte en lui la maladie, la folie.

Marie est une femme de son temps, avec ses fêlures, ses blessures. Mais l’auteur veut nous montrer que les femmes font reposer sur leurs épaules toute la vie d’une famille, qu’elles en sont partie prenante, parce qu’elles le décident. Et pourtant, les femmes n’ont pas que ça à faire, qu’à être le gardien d’une famille, du temple. J’ai beau jeu de dire ça. Je suis un peu comme Marie. A tenter que tout aille bien, même si niveau famille, c’est beaucoup moins fort, sauf pour l’homme, Mademoiselle et mes parents. Une femme, à la quarantaine, s’occupe de ses enfants et elle prend ensuite le relais avec les parents devenus vieux. Et pour moi, ce n’est pas une vie que je souhaite. Je veux vivre tranquillement, sans à me soucier de la famille, lorsque Mademoiselle sera sortie d’affaire. En définitive, depuis des siècles, la vie des femmes ne change pas. Elles sont fortes, elles sont là, au mépris de leur propre vie. Personnellement, j’ai une relation très forte avec ma mère. Mais au contraire de Marie, ma mère n’est pas mon enfant. On a conservé la relation mère-fille et je me tourne toujours vers elle pour des conseils lorsque j’en ai besoin.

En lisant les premières pages du roman, j’ai tout de même été surprise. Je m’attendais à la vie entre Marie et son mari et non à tout ces retours dans le passé. Heureusement qu’il y a quelques scènes cocasses entre l’un et l’autre.

Je remercie Babelio (Masse Critique) et les éditions First.

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