Les Anges de New York de RJ Ellory

Franck Parrish travaille comme policier à New York. Il est sous le coup d’une future suspension. On lui a enlevé son permis, il a une baisse de salaire et il doit voir un psychologue qui doit censer l’aider. Pour le moment, il est sans équipier.

On le retrouve auprès d’un jeune homme, qu’il connait, et qu’il tente de sauver du suicide ainsi que sa compagne. Mais ça rate.

Ensuite, Franck Parrish est appelé sur les lieux d’un crime. Une jeune adolescente et ensuite son frère.

De recoupements en recoupements, Franck Parrish retrouve d’anciennes affaires non élucidées et son instinct le pousse vers les services d’adoption de la ville de New York jusqu’à ce qu’il se focalise sur un homme. Pourtant il n’a aucun indices probants mais son intuition est telle qu’il pense qu’il tient son coupable.

On suit les aventures de Parrish pendant quelques jours le temps de son enquête. Chaque journée, sauf le dimanche, commence invariablement avec l’entretien avec son psy. Parrish joue le dur, tente de se faire mal voir mais sans compter sur cette jeune femme qui ne se laisse pas faire. Il doit affronter six meurtres grâce à sa persévérance, son enquête au sein des affaires de la police. L’enquête est très bien menée. Nous assistons à de nombreux rebondissements et elle nous permet de nous rendre compte de la gravité des snuff movies.

J’ai trouvé une évolution de la part de l’auteur dans ce roman. Ce n’est pas une critique loin de là. Les Anges de New York s’adressent à un public beaucoup plus large qui aurait pu ne pas aimer ou ne pas s’investir dans ses précédents romans car beaucoup plus psychologiques. J’adore les polars, les thrillers, comme vous le savez tous. Mais j’aime également me plonger dans cette psychologie des personnages quand on ne sait pas trop ce qui va advenir, le pourquoi du comment, quand il y a une évolution dans ce qui se passe dans la vie du héros.

Parrish est en tous les cas un personnage très attachant. Il a énormément de défauts, comme nous tous, mais énormément de qualités. C’est un enquêteur hors-pair, exceptionnel mais qui n’accepte pas le système, quitte à toujours franchir la limite pour obtenir des preuves. Et il le sait. Mais ce qu’il veut, c’est que les coupables ne puissent plus nuire, surtout lorsqu’ils s’en prennent à des enfants ou des jeunes filles. Car il a peur de ce qui pourrait arriver à sa fille. Sa fille qu’il aime par dessus tout. Mais trop protecteur, leurs relations ne sont pas au beau fixe. Il essaie de combler son absence due à son travail pendant de nombreuses années en tentant de s’immiscer dans sa vie. Mais sa fille est grande, elle commence à travailler, elle tombe amoureuse. Elle restera toujours sa petite fille. Parrish est un homme qui a énormément de coeur mais il est obligé de se cacher derrière une carapace et l’alcool. Sinon, il ne pourrait pas tenir et affronter la réalité de ce qu’il voit et vit. Quant à son fils, Robert, on en a eu quelques bribes pendant le roman mais on voit quelle personne elle est vers la fin. Entre Robert et Parrish, on dirait qu’il n’y a pas la même relation entre Parrish et son père. Le premier est très fier de son père. Et c’est ce qui a manqué à Parrish. Etre fier de son père, malgré toutes les décorations obtenues puisqu’il a su que son père était un flic qui n’hésitait pas à tremper dans des affaires louches. Ca aussi, c’est une grosse partie de l’histoire. Le point que fait Parrish avec la psychologue de son travail qu’il est obligé de voir. Mais il apprendra toute la vérité quant à tout ça. Et peut-être qu’il arrivera à se rendre compte que ce père, longtemps détesté, n’est pas réellement ce qu’il était, qu’il aimait par dessus tout cet enfant pour qui il a tenté de conserver la vie sauve. Franck Parrish, également, n’a pas accepté la mort de son équipier. Il s’en sent responsable. Cette histoire est latente tout le long du roman. Qu’est-il réellement arrivé ? Ce que l’on sait, évidemment, puisqu’il le dit lui-même, c’est qu’à la moindre incartade, il sera viré de la police. Parrish cherche ce licenciement. Mais il est tellement sûr de lui quant au responsable des meurtres qu’il préfère être licencié que de démissionner. Au moins, il peut, pour ainsi dire, partir la tête haute, en ayant accompli ce pourquoi il s’est engagé.

On assiste plus ou moins à la déchéance de Franck, son mal-être, ses peurs pour sa fille, son irrationalité, son implication dans les affaires. Il n’a pas su montrer son amour. Pourtant les séances avec le psy, même s’il joue le fanfaron et qu’il ment vers la fin, lui seront utiles.

Des flics comme Parrish, on en rencontre énormément dans les romans. Ellory lui a donné sa dimension humaine, même si le fond reste le même. Un flic qui aime son boulot, qui a raté sa vie de couple, qui s’en est rendu compte, qui boit pour oublier et pour qui le travail compte plus que tout. Donner aux victimes la reconnaissance qu’elles méritent malheureusement et donc mettre en prison celui qui a ôté la vie.

Au niveau du tueur, Ellory nous démontre très bien que ces hommes qui s’en prennent aux filles, aux très jeunes filles, ont un poste qui leur permet d’assouvir leurs fantasmes et leurs crimes. L’entourage se méfie car il y a des indices. Mais comme le responsable ramène l’argent à la maison, il est souvent difficile aux épouses de partir, de demander le divorce. Elles tentent par tous les moyens de protéger les enfants. C’est pour ça que la femme de ce tueur en série sera l’alliée principale de Parrish.

Ellory nous relate à la perfection comment la mafia s’est emparée de New York, bien aidée par certains membres de la police et des agences gouvernementales. La mafia a fait main basse sur tout, jusqu’à ce que le maire de New York fasse le ménage et déclare la guerre au crime organisé. C’est proprement hallucinant quand même ! Ne voit-on ça qu’aux Etats-Unis ou certains pays sont-ils ou ont-ils subi les mêmes pressions. Ce sont des hommes tout de même forts. Ils veulent de l’argent, quitte à se débarrasser au fur et à mesure des éléments gênants.

Même si j’ai beaucoup aimé, si l’écriture est fluide, prenante, si j’aime beaucoup l’univers d’Ellory, ce n’est pas son meilleur roman. Et là, ce n’est que mon avis de lectrice qui en a déjà lu quatre. A ce jours, mes préférés sont les trois premiers et surtout le tout premier lu, Seul le silence. Comme quoi, on s’attache à un style et le lecteur est souvent en quête de ce qui a été lu précédemment. C’est comme pour la musique, on s’attend également à ce qu’un artiste nous propose toujours la même chose. On se sent un peu perdu lorsqu’il change son univers. Mais cela n’enlève rien à la qualité du récit, à la qualité de ce qui est écrit et décrit. Et je pense que pour le prochain roman d’Ellory, ayant été habituée à des changements d’univers, je resterai toujours confiante dans ce que je peux lire. Je pense que quand on aime un auteur, on est beaucoup plus critique à son égard. Cela m’est déjà arrivé plusieurs fois avec certains auteurs dont j’ai lu tous les romans. Certains sont plus aboutis que d’autres. Mais c’est parce qu’ils publient un livre tous les ans ou tous les 18 mois, ce qui n’est pas le cas d’Ellory. Il faut juste que j’apprenne à me laisser surprendre, voilà tout.

J’ai beaucoup aimé également l’ironie qui se dégage à la fin du roman, lorsque Robert, le fils de Parrish s’en prend à sa mère et qu’il montre les liens forts qu’il a envers son père et surtout lorsqu’il accompagne la jeune femme sauvée par Parrish à l’hôpital. Une jeune femme qui détonne au sein de cette famille mais acceptée finalement par le fils, le patron de Parrish. Et comme tous les pères qui ont des antennes, Parrish a très bien compris le lien entre sa fille et son équipier. Ce dernier n’a pas intérêt à dévier du droit chemin.

Merci Mr Ellory pour cette qualité et ce très bon moment que j’ai passé avec Les Anges de New York.

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