Rose de Tatiana de Rosnay

Rose a près de 60 ans, elle est veuve depuis 10 ans et doit quitter sa maison. Elle a organisé son déménagement et doit s’en aller vivre chez sa fille.

Rose a des amis, hommes et femmes, dont Alexandrine qu’elle connait depuis près de 10 ans et qu’elle considère comme sa fille.

Alexandrine aidera énormément Rose après le décès de son mari.

Rose veut rester dans la maison de son mari et de ses ancêtre et elle combattra jusqu’au bout. Elle trouvera de l’aide auprès de Gilbert, un homme sans domicile qui viendra la voir dans sa retraite et qui lui apportera de quoi se nourrir et boire. Il sera pratiquement son seul lien avec l’extérieur.

Rose nous livre ses réflexions, sa vie dans des mots écrits pour son mari à qui elle révèle tout son amour, des choses cachées mais aussi ce qu’elle a réalisé depuis son absence.

J’aime ces romans de femmes, ces femmes fortes. Ce que j’ai trouvé chez Tatiana de Rosnay, je l’ai également trouvé dans les romans d’Alba Kertz ou dans celui de Bertina Henrichs, Le Jardin. Ces femmes ont toutes quelque chose à défendre, des valeurs, de l’amour. Elles se battent contre l’ordre établi, elles veulent conserver ce qui les a fait devenir femmes. On constate leur évolution. Et malgré les siècles, chaque femme s’est battue pour ce qu’elle croit et cela n’est pas prêt de changer. En chaque femme sommeille une guerrière qui peut se révéler et être une battante.

Rose n’a pas honte d’avouer qu’elle n’aime pas sa fille, Violette, qu’elle n’a rien ressenti à sa naissance. Elle ne se considère pas pour autant comme un monstre sachant que toutes les deux sont différentes au point de vue caractère et qu’elles n’ont pas les mêmes aspirations.

Rose a trouvé auprès de sa belle-mère la mère aimante qu’elle n’a pas eu. Sa belle-mère est partie trop tôt mais cela a, très certainement, permis à Rose de se construire différemment.

Même si les femmes sont très présentes dans ce roman, Rose, Alexandrine, la Baronne de Vresse, les hommes sont également là en la présence de son mari, de l’Empereur, du Préfet, de Gilbert, du libraire. Des hommes tous très différents et qui ont permis à Rose de plus ou moins grandir, de s’ouvrir au monde, de s’intéresser à ce qui se passe autour d’elle.

Je n’ai lu que deux romans de Tatiana de Rosnay. D’ailleurs je remercie Sandrine pour ce livre voyageur. Quoi qu’il en soit, ma préférence va à Elle s’appelait Sarah. La deuxième Guerre Mondiale me parle plus. Cela a été un grand pavé de mes cours d’histoire de terminale. J’ai lu beaucoup à ce sujet et cela me passionne encore. Dans Elle s’appelait Sarah, niveau historique, c’était le Vel d’Hiv, sujet caché par les autorités françaises.

Tatiana de Rosnay nous offre quand même de très beaux pans d’histoire. Dans Rose, c’est la construction et l’amélioration de Paris par l’Empereur et le Préfet. Modernisme est le mot clé afin d’offrir aux Parisiens de larges avenues qui permettront d’écouler tout le trafic. Mais les conséquences sont quand même désastreuses puisque de nombreux propriétaires ont été expropriés et qu’ils ont dû quitter Paris. A-t-on rendu Paris aux Parisiens ? Pas forcément. Pour nous qui connaissons le Paris d’aujourd’hui et qui la considérons comme la plus belle ville au monde avec ces grands bâtiments Haussmaniens, ces grands boulevards, ces larges avenues, on imagine très bien quand même toutes ces petites rues qui peuvent exister encore et qui font aussi le charme de Paris.

On vit avec Rose dans ces mots qu’elle adresse à son époux décédé. Elle nous livre une sorte de testament. On aime qu’elle revienne sur sa vie, sur sa rencontre avec son mari, sur son amour, sur ces moments tendres partagés avec le seul homme qu’elle a aimé de toute son âme, sur ses grossesses, ses enfants, et en particulier son fils Baptiste, les personnes qui ont partagé sa vie. On assiste à son évolution en tant que femme jusqu’à ce qu’elle soit une vieille dame qui n’a pas hésité à s’instruire encore plus. On prend part à son combat et on la comprend. Ce qui fait également la trame de ce roman est un secret qu’elle va dévoiler. Un secret horrible qu’elle a tenu caché pendant de nombreuses années et qui ne créera aucune conséquence négative pour ceux qui restent. Au départ, on pense à l’adultère mais c’est franchement pire. L’angoisse est présente lorsqu’elle nous livre quelques mots au fil des pages.

Pour tout, on avance à pas feutrés. Tout est distillé au compte goutte pour nous faire avancer et comprendre cette femme, son destin et ce qu’elle a choisi.

Quant au dénouement, je ne m’y attendais pas. Bravo à Tatiana de Rosnay !

Le monde est cruel mais il faut des gens qui se battent pour un idéal. Même si cet idéal ne peut pas aboutir. 

Tatiana de Rosnay nous a offert quelques questions sur les tenues des femmes à cette époque ou celle d’avant. Des questions que l’on ne se pose pas puisque nous sommes habituées à autre chose. Des questions existentielles (comme aller aux toilettes, toilettes qui n’existaient pratiquement pas, comment faisaient-elles avec leurs robes longues et leurs corsets ?)

Merci à Sandrine pour ce livre-voyageur.

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5 thoughts on “Rose de Tatiana de Rosnay

    1. @ Chrys, peut-être mais je suis moins enthousiaste que pour Elle s’appelait Sarah
      @ Te parler de ma vie, si ma chronique t’a donné envie de le lire, tant mieux

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