La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

Thomas, chauffeur mais aussi peintre à ses heures, emmène Anaïse à Anse-à-Fleur, là où tout a débuté. Son grand-père et son ami le Colonel sont morts il y a de cela vingt ans dans l’incendie de leurs maisons. Maisons jumelles. Le lendemain, le père d’Anaïse part pour ne plus revenir. Anaïse est à la recherche de son passé et de ce père qu’elle a très peu connu.

Tout le long du voyage en voiture, qui va durer sept heures, Thomas lui raconte tout ce qu’il sait ou tout ce qu’il croit savoir et a cru comprendre sur ces morts, non résolues, malgré la venue d’un commissaire puisque les deux hommes étaient des personnalités. Et on va en apprendre des choses sur ces deux-là et sur la vie à Anse-à-Fleur.

La belle amour humaine et l’auteur nous offrent des mots, de la poésie. Des mots qui nous font réfléchir sur la condition humaine et sur ce que peuvent vivre les gens. Des personnes qui habitent des contrées différentes. Certaines sont pauvres financièrement et vivent dans des lieux reculés. D’autres sont plus riches et vivent en ville. Mais qui est le plus heureux, là-dedans ? Qui profite de la vie et de ce qu’elle peut offrir et de ce que les autres peuvent offrir ?

L’auteur commence par Thomas. Thomas qui raconte à Anaïse qu’Anse-à-Fleur est un village pauvre, isolé, qui vit de la mer et qui, ce soir-là, n’a rien vu, rien entendu. Sont-ils tous coupables ou tous innocents ? Le colonel et le grand-père d’Anaïse vivaient là trois mois par an avec sa famille pour ce dernier. Mais ils ne se mêlaient pas aux gens du village qui s’étaient désintéressés de ces hommes qui semblaient n’apporter que la violence avec eux et qui voulaient que ce village ait peur d’eux. La peur doit-elle régir le monde ? La loi du plus riche doit-elle être la plus forte. Lorsque l’on a des habitants plus ou moins soudés, c’est difficile à ceux qui arrivent, comme ça sur une fleur, et même s’ils ont beaucoup d’argent, de faire valoir leurs prérogatives et surtout faire croire qu’ils sont supérieurs aux autres. Malgré leurs différences, ces deux hommes sont devenus des amis et des amis très proches.

Nous avons de nombreux personnages attachants, comme l’oncle de Thomas, qui est en train de mourir. Justin, le législateur bénévole, qui propose des lois mais qui ne seront jamais votées. Le père d’Anaïse, dont on ne sait pas grand chose, est aussi attachant. Il a rencontré l’amour et s’est enfui. Pour, comme le raconte Anaïse, dans la courte partie qui lui est consacrée, trouver l’amour auprès d’une femme et mettre au monde une fille.

Magie et également poésie des mots dans la description des paysages, des personnages qui font la trame de ce roman. Ah, c’est vrai, ce sont des tranches de vie que nous proposent Thomas. Vie de chauffeur en proie à toutes sortes de touristes, ceux qui ont l’argent et qui veulent profiter des plaisirs de la vie sans tenir compte des habitants des pays qu’ils visitent. Mais il y a aussi ceux qui voudraient être chez soi. Nous avons toutes les catégories de voyageurs. Certains, qui pourraient lire ce livre, se reconnaitront-ils ?

La pauvreté est partout. Description d’une société en attente d’aides, qui ne viennent jamais. Description de gens qui vivent leur vie, de pays avec ce que l’on peut trouver de bon ou de mauvais. La société se révèle donc décadente car elle veut profiter de tout. La différence de classe est partout. La différence est également dans la vie de tous les jours. Ceux qui veulent obtenir le plus en étant violents et ceux qui sont plus pacifiques dans leur vie de tous les jours et qui profitent d’instants de bonheur. La différence se situe également dans la mort. Le colonel et le grand-père d’Anaïse n’ont pas eu d’enterrements au contraire de l’oncle de Thomas à qui tout le village a rendu un dernier hommage dans la plus grande tradition. Il vaut donc mieux ne rien avoir et être aimé.

Anaïse a-t-elle trouvé ce qu’elle était venue chercher ? Un passé, un père. Peut-être pas. Mais en définitive, elle a trouvé ses racines, son pays, un village où elle sera toujours bien accueillie car elle a pris le temps de rencontrer les gens, de leur parler. Anaïse semble avoir trouvé sa place.

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